Histoire des Meuniers

Histoire du moulin Saint-Michel et des meuniers
© Guy Prigent d’après les recherches de Chris Gibbings

Les entrées du cadastre dans les matrices conservées aux AD 22, indiquent le relevé des noms des différents meuniers du moulin Saint-Michel ainsi que les données suivantes :

– En 1830-1836 environ : construction du moulin du tertre St-Michel, classé en pâture.
– Le 17 janvier 1841 : Jean-Louis Gouézou, veuf d’Anne-Marie Vincent est noté meunier.
– Le 27 septembre 1841 : le meunier payait une patente à Plourhan où il résidait au moulin de Rolland.
– En 1848, la statistique sur tous les moulins du département nous apprend, en date du 12 juillet 1848, que le meunier était Jean-Marie Gouézou. Son père Jean-Louis Gouézou avait en 1841 faite le partage de ses biens et avait attribué le moulin à vent St-Michel à Jean-Marie et le moulin à eau de Rolland à Louis Laurent, son deuxième fils.
– Le 12 juillet 1848, on retrouve Louis Laurent au moulin à vent « Malgré Tout » à Kertugal.
– Le 20 avril 1850, Jean-Marie Gouézou est aussi meunier à Gacon (moulin à eau), dont le propriétaire est Auguste Fichet. Il broyait du froment, de l’orge et du blé noir. La statistique indique un seul meunier, sans ouvrier.
– En 1850, Jean-Marie Gouézou, meunier à Gacon, afferme le moulin à vente St-Michel à Guillaume Le Roy, meunier à Trémuzon, du 12 septembre 1850 au 29 septembre 1852.
– Le 5 avril 1851, Jean-Marie Gouézou, ancien meunier demeurant à Ponto (Etables), a vendu à François Marie Gouézou et à Marie Françoise Le Clec, son épouse demeurant au moulin à eau de la Grève (Etables), le moulin à vent St-Michel.
– De 1864 à 1853, le meunier de St-Michel est François Gouézou, marié et résidant à Gacon avec ses enfants, selon la note en marge sur le cadastre.
– De 1873 à 1875 : reconstruction et modernisation du moulin pour Le Gagne Yves Mathurin, nouveau meunier.
– En 1876, le cadastre indique « addition de construction achevée » ; il précise que le meunier jusqu’en 1882 est Le Gagne Yves Mathurin, marié à Louise Marie Jamet. Mathurin Louis Le Gagne a pris la suite de son père comme meunier (le père étant toujours propréiétaire).
Yves Le gagne est né à Pludual, marié le 14 floréal an VIII avec Anne Robert, fille du meunier du « Moulin au Chien » à la Méaugon. Ils ont eu un fils Laurent qui devint meunier à Rolland, marié à Mathurine Saintilan, dont il a eu un fils Yves Mathurin Marié à Louise Jamet, qui devint meunier à son tour à St-Michel puis au moulin Beaumont entre Binic et Etables. Ils eurent 17 enfants et habitèrent au moulin Rolland. Yves Mathurin Le Gagne, meunier au moulin Rolland a contracté en 1885 une obligation sur le moulin de Rolland de 3000 francs avec garantie du moulin de Rolland et du moulin St-Michel.
– De 1882 à 1896, date probable de la mort de Yves Mathurin Le Gagne, son fils Mathurin Louis est le meunier.
La suite des écrits n’est pas claire et explicite, cependant, en 1896, Jean Gouézou réapparaît – aurait-il racheté le moulin pour récupérer le mécanisme relativement neuf et récent pour l’adapter à son moulin de Gacon ? – C’est possible – Ce qui est certain, c’est que Monsieur Herrenschmidt André, médecin à paris, en devint le propriétaire officiel en 1900 et le transforme en résidence d’été. Il ouvre 4 fenêtres nouvelles (imposables) ; la porte sud est remplacée par une fenêtre ; à l’est une ouverture au premier étage et une autre au deuxième, une quatrième dans la charpente. Il supprime la queue d’orientation, bloque la toiture mobile par des maçonneries de moellons, installe de nouveaux planchers et un escalier hélicoïdal, remplace les bardeaux de châtaigner de la couverture (dont on a retrouvé la trace) par des ardoises. Mais il conserve l’arbre et les ailes en place pour garder la silhouette de moulin, figurant sur les cartes marines comme amer pour la navigation, toutes transformations que l’amoulangeur Jean Peillet a découvert lors de la première restauration en 1971.
– En 1896, la sucession de Yves Mathurin donna lieu à un partage entre les 17 enfants. Les parents firent un tirage au sort qui ne favorisa pas Mathurin Louis. Les trois moulins échouèrent aux marins qui s’empressèrent de les vendre. Mathurin Louis loua ses services de meunier. On le retrouve à la Ville Chevalier à Plouagat, à Vitré, à Lannebert, à St-Plancher dans la Manche et enfin au moulin de Dinan où il mourut le 24 juin 1929, veuf de Augustine Le Floc. Jean Peillet a reçu un témoignage de Madame Michaut, née Le Basque, âgée de 90 ans en 1971. Elle relate qu’elle a apporté son sac de grain à Mathurin Louis sur sa brouette à la fin du 19ème siècle et est repartie avec sa mouture.
Remarque : en 1771, un certain Gouézou était déjà meunier au moulin à vent dit « de Plourhan ». En 1792, François Gouézou était meunier au moulin à mer et au moulin à vente de Bréhat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *