En passant par la baie de Launay “mal nommé” (entre Paimpol et L’Arcouest) ce 4 mai 2019.

Commentaire réalisé par Martine RUDEAULT

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Ce matin, au départ de St Ké, notre ciel breton s’était teinté de toutes les nuances de gris et la pluie nous accueillait à la baie, mais à cœur vaillant, rien d’impossible, aussi nous partîmes vers 10 H, sous la houlette d’Henri et Marie-Françoise, pour notre balade le long de la mer.

Le GR nous conduit à la pointe de la Trinité (d’où nous apercevons l’Arcouest et « la maison de la Pointe » (Liliane Bettencourt), au village de Pors Even et enfin à la superbe chapelle de PERROS HAMON où nous attend Mme Lepage, 91 ans, qui nous apprendra que cette visite commentée avec ferveur, sera sa dernière.

Celle-ci fut construite en 1198 par le comte Alain d’Avaugour et elle fut occupée par les moines prémontrés jusqu’à la Révolution. Cette chapelle fut agrandie et remaniée vers 1770 à partir des pierres de la 3ème chapelle de la Trinité pour acquérir l’aspect qu’elle présente aujourd’hui, avec sa voûte et son porche latéral qui abrite les derniers “mémoires” authentiques, (plaques érigées par les familles en mémoire de leurs morts disparus en mer)

Sur la très belle statue de la vierge sont sculptées des nattes (statue du 16 ème siècle)

Etant classée par les Beaux-Arts, l’autel de style florentin, est doré à l’or fin

Le retable du maître-autel date de la fin du 17ème siècle. Le vitrail qui commémore le sauvetage des 36 marins du « Ville du Havre » est de la première moitié du siècle dernier.

De 1852 à 1935, la pêche à la morue a fait payer un très lourd tribut à la population locale (2000 marins et 120 goélettes) mais parallèlement a entrainé un essor commercial très important. Elle fut appelée « la chapelle des naufragés » par Pierre Loti en 1884 et « la croix éloignée » devient « la croix des veuves »

Mme Lepage nous apprend, également, que Liliane Bettencourt a apporté sa contribution financière au village et aux travaux de la chapelle (1985) et que Pierre Loti fut l’instigateur des pensions données aux veuves de marins.

Lorsque nous repartons, pique-niquer à la réserve Lapicque, le soleil tente de percer les nuages ! c’est bon signe…

Nous nous installons, à l’abri, dans la maison » Notéric « construite en 1904 par le papa de Paule (Augustin Lapicque, chacun avait apporté qui son sandwich, qui sa salade ; certaines nous ont même apporté des desserts !

Il faut savoir que Paule (1909-2001) était sensibilisée à la suite de son père à la protection des milieux naturels et persuadée du bien fondé d’un retour d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement.

Cet ensemble bâti et les 11 hectares de milieux naturels constituent la propriété, que Paule Lapicque lèguera en 2001 à l’association « Bretagne Vivante » et qui a pris le nom de « réserve Paule Lapicque ». Les dispositions de cette donation, acceptée en 2004, encadrent le projet de valorisation du site, à savoir : protection, étude des milieux constituant la réserve et éducation à l’environnement. Les bâtiments permettent l’accueil des publics. La section ‘Trégor-Goëlo’ ‘Bretagne Vivante’ gère le projet avec une équipe bénévole de scientifiques (naturalistes, biologistes, géographes) et d’animateurs-nature.

Le soleil est revenu ! En attendant Guy Chazelle pour son récital de piano, nous admirons ce paysage d’une rare beauté avec ses points de vue sur la baie, l’Ile St Riom et ses îlots. Et nous visitons le jardin potager :  plantes aromatiques, belles salades, pieds d’artichauts, pommes de terre, échalotes, consoude ; il y a même une mini mare avec des petits tritons.

Cliquez sur ce lien ci-dessous pour écouter un extrait du concert :

https://drive.google.com/file/d/1zExPzTg7nqq_9RRi44Md4gZF-MB7RwWA/view?usp=sharing

Le récital de piano fut un régal pour nos oreilles : il a interprété Mozart, Fauré, Debussy et Schubert avec un talent remarquable ; il a su nous emporter tantôt vers la mélancolie, la joie et le rêve. Merci à lui pour ces moments intenses qui ont été suivis par un petit goûter fort sympathique.

Nous sommes partis de nouveau avec Henri, pour une marche vers Sorbonne-Plage, endroit ainsi appelé, car plusieurs de ces personnalités étaient professeurs à la Sorbonne.

Sur la façade de cette pointe donnant sur l’anse, se trouvent un certain nombre de maisons appartenant (ou ayant appartenu) à des scientifiques ou intellectuels français qui s’y installèrent à partir du début du XXe siècle, tels que Louis Lapicque (pionner de la neurologie), Charles Seignobos, Jean Perrin, Marie Curie, Irène Joliot-Curie, Jean Zay, Victor Auger, Pierre Auger ou Georges Pagès.

Henri connait l’histoire de chacune de ces maisons

Nous nous quitterons sous un grand soleil devant cette magnifique baie et sa mer bleu turquoise.

 

 

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A bientôt Henri et Marie-Françoise et merci pour tout.